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Explications

Congé paternité 2026 : durée, jours et indemnisation

25 ou 32 jours selon jumeaux, 4 jours obligatoires, indemnisation plafonnée à 104,02 euros par jour : les règles du congé paternité 2026, datées.

Ruben B.Ruben B.Fondateur et rédacteur, Plumavia
Mis à jour le 8 min de lecture

Le congé paternité dure 25 jours calendaires pour une naissance simple et 32 jours pour des naissances multiples, dont 4 jours obligatoires pris juste après la naissance. L'indemnisation de la Sécurité sociale est plafonnée à 104,02 euros par jour au 1ᵉʳ janvier 2026, et l'employeur doit être prévenu un mois avant la date prévue.

Le congé paternité change de durée et de règles selon qu'il s'agit d'une naissance simple ou multiple, et il ne faut pas le confondre avec les deux autres congés liés à une naissance, le congé de naissance de 3 jours payé par l'employeur et le nouveau congé supplémentaire de naissance entré en vigueur en juillet 2026. Cet article détaille les jours obligatoires, le fractionnement, l'indemnisation et le délai à respecter pour prévenir l'employeur.

Combien de jours de congé paternité en 2026 (25 ou 32) ?

Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant dure 25 jours calendaires pour une naissance simple et 32 jours calendaires en cas de naissances multiples [1]. Ces jours s'ajoutent aux 3 jours de congé de naissance payés séparément par l'employeur, prévus par un article distinct du Code du travail [3].

Le décompte se fait en jours calendaires, c'est-à-dire tous les jours de la semaine, week-ends et jours fériés compris, et non en jours ouvrés. Un salarié qui pose ses 25 jours en une seule fois s'absente donc un peu moins de quatre semaines pleines, congé de naissance non compris. La confusion la plus fréquente vient du nom du congé supplémentaire de naissance, entré en vigueur le 1ᵉʳ juillet 2026 [4], qui porte un nom proche mais correspond à un dispositif distinct, détaillé plus loin dans cet article.

Quels jours sont obligatoires ?

Sur les 25 ou 32 jours du congé paternité, seuls les 4 premiers jours calendaires sont obligatoires : ils suivent immédiatement les 3 jours de congé de naissance et ne peuvent être ni refusés par l'employeur ni reportés par le salarié [1]. Le reste du congé, 21 ou 28 jours, reste au choix du salarié.

Cette obligation vise à garantir une présence minimale du second parent dans les tout premiers jours de vie de l'enfant, quelle que soit l'organisation de l'entreprise. Concrètement, un salarié qui ne demande que les 4 jours obligatoires et renonce au reste du congé le peut : le fractionnement et la prise du solde relèvent d'un choix personnel, pas d'une obligation légale au-delà de ces 4 jours.

Peut-on fractionner le congé ?

Oui, la seconde période de 21 jours (ou 28 en cas de naissances multiples) peut être prise en une seule fois ou fractionnée en deux périodes, chacune d'au moins cinq jours [1]. Le fractionnement en plus de deux périodes n'est pas prévu par le texte.

Cette souplesse permet, par exemple, de prendre une première partie du congé juste après la naissance puis une seconde partie plus tard, pour accompagner une reprise progressive du travail de l'autre parent ou une entrée en crèche. La seule contrainte de calendrier est que l'ensemble du congé, y compris sa partie fractionnée, doit être soldé dans les six mois qui suivent la naissance de l'enfant [1]. Passé ce délai, les jours non pris sont perdus, sans possibilité de report ni d'indemnisation compensatoire.

Quelle indemnisation et quel plafond ?

Pendant le congé paternité, l'employeur suspend le versement du salaire et la Sécurité sociale verse une indemnité journalière calculée sur la moyenne des trois derniers salaires bruts, minorée d'un taux forfaitaire de 21 %, plafonnée à 104,02 euros par jour au 1ᵉʳ janvier 2026 [2]. Certaines conventions collectives ou accords d'entreprise prévoient un maintien de salaire par l'employeur, en complément.

Pour toucher cette indemnité, il faut justifier d'au moins six mois d'immatriculation à la Sécurité sociale avant le début du congé, et cesser toute activité salariée pendant la période indemnisée [2]. Un salarié récemment embauché qui ne remplit pas cette condition d'ancienneté d'affiliation conserve son droit au congé lui-même, mais peut ne pas percevoir d'indemnité journalière pour la période concernée, sauf maintien de salaire prévu par son contrat ou sa convention collective. Le montant exact de l'indemnité dépend donc à la fois du salaire de référence et du respect de cette condition d'affiliation, ce qui justifie de vérifier sa situation individuelle avant de planifier son congé.

Combien de jours pour des naissances multiples ?

En cas de jumeaux, triplés ou naissances multiples, le congé paternité passe à 32 jours calendaires au lieu de 25, la période obligatoire restant fixée à 4 jours et la période optionnelle passant de 21 à 28 jours [1]. Les 3 jours de congé de naissance payés par l'employeur restent inchangés, quel que soit le nombre d'enfants.

Le mécanisme de fractionnement en deux périodes d'au moins cinq jours s'applique de la même façon aux 28 jours optionnels d'une naissance multiple. Le calcul de l'indemnité journalière suit la même méthode que pour une naissance simple, sans majoration liée au nombre d'enfants : l'indemnité plafonnée à 104,02 euros par jour s'applique par jour de congé, pas par enfant.

Quel délai pour prévenir l'employeur ?

Le salarié doit informer son employeur au moins un mois avant la date prévue de l'accouchement, ou un mois avant le début du congé lorsque la naissance est déjà survenue [1]. Ce délai permet à l'entreprise d'organiser l'absence, notamment pour les 4 jours obligatoires qui suivent immédiatement la naissance.

Dans les faits, la date exacte de l'accouchement reste incertaine jusqu'au dernier moment : le point de départ du délai d'un mois se calcule donc sur la date prévisionnelle communiquée par la maternité, pas sur la date réelle de naissance. Un dépassement de ce délai, par exemple en cas de naissance prématurée, ne prive pas le salarié de son droit au congé et à son indemnisation, mais peut compliquer l'organisation du remplacement côté employeur. Pour le solde fractionné pris plus tard dans les six mois, le même délai d'un mois de prévenance s'applique avant chaque période posée.

Le congé supplémentaire de naissance s'ajoute-t-il au congé paternité ?

Oui. Le congé supplémentaire de naissance, entré en vigueur le 1ᵉʳ juillet 2026, s'ajoute au congé paternité, au congé maternité et au congé d'adoption, sans les remplacer ni réduire leur durée [4]. Il ne remplace pas non plus le congé parental d'éducation, dont les règles restent inchangées.

Il ne doit pas non plus être confondu avec le congé de naissance de 3 jours payé par l'employeur, malgré la proximité de leurs noms. Ce nouveau congé, créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et précisé par le décret n° 2026-425 du 30 mai 2026, publié au Journal officiel le lendemain [6], ouvre à chaque parent 1 ou 2 mois de congé indemnisé, à prendre dans les neuf mois suivant la naissance ou l'arrivée de l'enfant au foyer [4]. Il concerne les enfants nés ou adoptés à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, ainsi que les enfants nés avant cette date dont la naissance était prévue postérieurement [6]. L'indemnisation, versée par la Sécurité sociale, correspond à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second mois, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, soit au maximum 72,81 euros par jour le premier mois et 62,41 euros le second pour un salarié [5] [7].

Le nom de ce congé, très proche de celui du congé de naissance de 3 jours payé par l'employeur, entretient une confusion fréquente : ce sont deux dispositifs différents, l'un de 3 jours pris juste après la naissance, l'autre de 1 à 2 mois pris dans les neuf mois suivants et soumis à ses propres conditions de préavis auprès de l'employeur ou, pour un indépendant, de demande auprès de la CPAM. Le fonctionnement détaillé de ce congé pour un parent non salarié fait l'objet d'un article séparé, à consulter avant de planifier une demande, de même que la durée du congé maternité qui suit une logique différente selon le rang de l'enfant, présentée dans la durée du congé maternité selon le rang de l'enfant. Pour resituer le congé paternité dans l'ensemble des démarches à effectuer autour de la naissance, le calendrier complet des démarches de naissance reprend chaque étape avec sa date limite. Les règles spécifiques à un parent non salarié, avec des montants d'indemnité différents, sont traitées dans le congé paternité pour un auto-entrepreneur.

Sources Vérifiées le

  1. Congé de paternité et d'accueil de l'enfant d'un salarié du secteur privé Service-public.fr (direction de l'information légale et administrative)Consulté le 15 septembre 2026
  2. Paternité et accueil de l'enfant : vos indemnités journalières Ameli.fr (Assurance Maladie)Consulté le 15 septembre 2026
  3. Article L1225-35 - Code du travail LégifranceConsulté le 15 septembre 2026
  4. Qu'est-ce que le congé supplémentaire de naissance ? Ameli.fr (Assurance Maladie)Consulté le 15 septembre 2026
  5. Congé supplémentaire de naissance : vos indemnités journalières Ameli.fr (Assurance Maladie)Consulté le 15 septembre 2026
  6. Décret n° 2026-425 du 30 mai 2026 relatif au congé supplémentaire de naissance Légifrance (Journal officiel de la République française)Consulté le 15 septembre 2026
  7. Article L331-8-1 - Code de la sécurité sociale LégifranceConsulté le 15 septembre 2026

Questions fréquentes

Le congé paternité de 25 jours inclut-il les 3 jours payés par l'employeur ?
Non. Les 3 jours de congé de naissance, payés intégralement par l'employeur, s'ajoutent aux 25 ou 32 jours de congé de paternité et d'accueil de l'enfant, indemnisés par la Sécurité sociale. Au total, un salarié s'absente donc 28 jours pour une naissance simple et 35 jours pour des naissances multiples.
Un salarié en CDD ou intérim a-t-il droit au congé paternité ?
Oui, le congé paternité et d'accueil de l'enfant s'applique à tout salarié quel que soit son contrat, sans condition d'ancienneté chez l'employeur. Seule l'indemnisation par la Sécurité sociale dépend de conditions d'affiliation et d'heures travaillées, distinctes du droit au congé lui-même.
Peut-on refuser une partie du congé paternité à un salarié ?
Non pour les 4 premiers jours obligatoires, qui suspendent automatiquement le contrat de travail dès lors que le salarié en fait la demande dans les délais. L'employeur ne peut ni les refuser ni les reporter ; il peut seulement être informé tardivement si un délai de prévenance n'a pas été respecté, sans que cela supprime le droit au congé.
Le congé supplémentaire de naissance remplace-t-il le congé paternité ?
Non. Le congé supplémentaire de naissance, en vigueur depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, s'ajoute au congé paternité et au congé maternité : il ne les remplace ni ne réduit leur durée. Il ne remplace pas non plus le congé parental d'éducation, dont les règles restent inchangées.