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Comparatif

SASU ou EURL en 2026 : charges, dividendes et ARE comparés

SASU ou EURL en 2026 : cotisations du dirigeant, fiscalité des dividendes, cumul avec l'ARE et transformation, avec taux à jour et sources officielles.

Ruben B.Ruben B.Fondateur et rédacteur, Plumavia
Mis à jour le 9 min de lecture

La SASU et l'EURL paient le même impôt sur les sociétés, mais leur dirigeant relève de deux régimes sociaux différents : assimilé salarié en SASU, travailleur non salarié en EURL. Cet écart change le niveau de charges, la protection retraite, le traitement des dividendes et la compatibilité avec l'allocation chômage.

La SASU et l'EURL sont deux sociétés à associé unique soumises au même impôt sur les sociétés, mais leur dirigeant relève de deux régimes sociaux distincts. Cet article compare les charges du dirigeant, la fiscalité des dividendes et le cumul avec l'allocation chômage en 2026, pour ceux qui ont déjà écarté la micro-entreprise et hésitent entre ces deux formes de société. Le comparatif complet entre micro-entreprise, EURL et SASU reste la référence pour ceux qui n'ont pas encore tranché ce premier choix.

Quelle différence entre SASU et EURL ?

La différence structurante n'est pas fiscale mais sociale : l'associé unique gérant d'une EURL est un travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants, tandis que le président d'une SASU a le statut d'assimilé salarié et cotise au régime général. Le régime fiscal de la société, lui, est identique dans les deux cas.

Sur le plan juridique, l'EURL est une SARL à associé unique, régie par un cadre plus strict fixé par le code de commerce, avec des statuts moins personnalisables. La SASU laisse davantage de liberté statutaire pour organiser la gouvernance, les modalités de sortie de l'associé ou les clauses de cession. Sur le plan fiscal, les deux sociétés sont par défaut soumises à l'impôt sur les sociétés (IS), au taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour un chiffre d'affaires sous 10 millions d'euros, puis au taux normal de 25 % au-delà, fixé par l'article 219 du code général des impôts[5][4]. La vraie différence se joue sur le statut social du dirigeant, détaillé dans les sections suivantes.

Quel statut a le moins de charges sociales ?

L'EURL coûte moins cher en cotisations sociales que la SASU, à rémunération nette identique. En 2026, l'enveloppe globale de cotisations représente entre 41 % et 45 % de la rémunération nette pour un gérant majoritaire TNS d'EURL, contre 75 % à 82 % pour un président de SASU assimilé salarié.

Ce double écart, du simple au double environ, s'explique par la nature des cotisations dues. Le régime TNS de l'EURL couvre une base de protection sociale plus légère, avec une cotisation retraite complémentaire notamment moins élevée que celle du régime général[6]. Le régime assimilé salarié de la SASU réplique la quasi-totalité des cotisations d'un salarié cadre (maladie, retraite de base, retraite complémentaire Agirc-Arrco, allocations familiales), à l'exception de l'assurance chômage, ce qui explique le coût plus élevé[3]. Pour une rémunération nette de 2 000 € par mois versée par une SASU, le coût total supporté par la société avoisine 3 300 à 3 500 €, soit 1,6 à 1,8 fois le net versé[7].

Critère EURL (gérant TNS) SASU (président assimilé salarié)
Régime social du dirigeant Travailleurs indépendants (Sécurité sociale des indépendants) Régime général, assimilé salarié
Cotisations sur rémunération nette (2026) 41 % à 45 % 75 % à 82 %
Assurance chômage du dirigeant Non couverte Non couverte (sauf cumul mandat et contrat de travail)
Cotisations sans rémunération versée Cotisation minimale due Aucune cotisation due
Régime fiscal de la société IS, 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 % IS, 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %

Le montant le plus bas de cotisations en EURL a une contrepartie : une protection sociale moins complète, en particulier pour la retraite complémentaire et les indemnités journalières, que celle offerte par le régime général en SASU[1].

Comment sont imposés les dividendes en SASU et en EURL ?

Dans les deux statuts, les dividendes versés à l'associé unique personne physique sont taxés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, contre 30 % avant cette date. La différence apparaît en EURL, où une partie des dividendes peut être requalifiée et soumise en plus à cotisations sociales.

Le PFU de 31,4 % se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux[2]. Ce taux s'applique intégralement aux dividendes versés par une SASU, quel que soit leur montant rapporté au capital social. En EURL, en revanche, la fraction des dividendes perçue par le gérant majoritaire (ou son conjoint, son partenaire de Pacs, ses enfants mineurs) qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales, en plus de l'imposition au PFU[2]. Un associé unique d'EURL qui verse un capital social modeste peut ainsi voir une part importante de ses dividendes traitée comme un complément de rémunération, avec les cotisations TNS correspondantes.

Cette règle, prévue à l'article L131-6 du code de la sécurité sociale, ne s'applique pas au président de SASU : ses dividendes échappent aux cotisations sociales quel que soit leur montant, ce qui en fait un levier d'optimisation plus simple à manier en SASU qu'en EURL, à condition de ne pas en faire la seule source de rémunération pour préserver une couverture sociale.

Quel statut pour cumuler avec l'ARE ?

La SASU sans rémunération ni dividendes est la seule configuration qui permette de conserver l'intégralité de l'allocation de retour à l'emploi (ARE). En EURL, la cotisation minimale du régime TNS reste due même sans rémunération versée, ce qui complique un maintien à taux plein.

Depuis la réforme de l'assurance chômage d'avril 2025, le cumul de l'ARE avec les revenus d'une activité non salariée est de toute façon plafonné à 60 % des droits restants au moment de la création, dès lors qu'une rémunération ou des dividendes sont perçus[8]. Un président de SASU qui ne se rémunère pas pendant la phase de lancement échappe à ce plafonnement puisqu'il n'a, par définition, aucun revenu professionnel à déduire de son allocation. France Travail conserve toutefois la possibilité d'examiner l'ensemble des revenus professionnels, dividendes compris, pour recalculer les droits si la situation évolue[8]. En EURL, l'obligation de cotisations minimales du régime TNS, due même en l'absence de rémunération, réduit l'intérêt de cette stratégie de mise en sommeil temporaire.

Le président de SASU cotise-t-il pour la retraite ?

Oui, le président de SASU cotise à la retraite de base et à la retraite complémentaire Agirc-Arrco selon les mêmes règles qu'un salarié cadre, dès lors qu'il se verse une rémunération. Sans rémunération, aucune cotisation n'est due, mais aucun trimestre n'est validé non plus.

Cette cotisation retraite, incluse dans l'enveloppe globale de 75 % à 82 % de charges sur la rémunération nette, est l'un des arguments en faveur de la SASU pour un dirigeant qui construit sa carrière sur le long terme : le régime général offre des droits à la retraite complémentaire plus élevés que le régime des indépendants sur une même base de rémunération[1][6]. En EURL, le gérant TNS cotise également pour sa retraite, à un taux moins élevé, avec une retraite complémentaire calculée sur un barème propre aux artisans, commerçants et professions libérales non réglementées.

Peut-on transformer une EURL en SASU ?

Oui. La transformation d'une EURL en SASU est un changement de forme juridique, pas une recréation de société : le numéro Siren reste inchangé si l'opération est régulière. Elle suppose une décision de l'associé unique, de nouveaux statuts conformes au régime de la SASU et des formalités de publicité et d'immatriculation modificative.

Cette opération est fréquente lorsqu'un gérant d'EURL souhaite basculer vers le régime assimilé salarié pour améliorer sa protection sociale, ou préparer l'entrée d'un investisseur, plus simple en SASU du fait de sa liberté statutaire. La transformation n'efface pas l'historique de la société : les contrats en cours, le bail commercial ou les relations bancaires se poursuivent en principe sans interruption, sous réserve de vérifier les clauses de changement de forme sociale dans chaque contrat. Le choix initial entre EURL et SASU mérite néanmoins d'être posé dès la création : une transformation entraîne des frais de formalités et, souvent, l'intervention d'un professionnel du droit pour sécuriser la rédaction des nouveaux statuts. Les différences entre SASU, SAS et SARL et le seuil de bascule entre micro-entreprise et SASU permettent de resituer ce choix dans une trajectoire plus large.

Sources Vérifiées le

  1. Régime fiscal et social des dividendes Bpifrance CréationConsulté le 15 septembre 2026
  2. Cotisations sociales d'une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) : ce qu'il faut savoir Entreprendre Service Public (Direction de l'information légale et administrative)Consulté le 15 septembre 2026
  3. Article 219 - Code général des impôts LégifranceConsulté le 15 septembre 2026

Questions fréquentes

SASU ou EURL : lequel coûte le moins cher en charges sociales ?
L'EURL coûte moins cher en cotisations sociales à revenu net identique, avec une enveloppe globale de 41 % à 45 % contre 75 % à 82 % en SASU. Ce coût plus faible correspond à une protection sociale moindre, notamment pour la retraite complémentaire et les indemnités journalières.
Peut-on transformer une EURL en SASU sans tout recréer ?
Oui, la transformation d'une EURL en SASU est un changement de forme juridique, pas une recréation de société : le numéro Siren est conservé si la transformation est régulière. Elle suppose une décision de l'associé unique et des formalités de publicité et d'immatriculation modificative.